Groenland

Découvrez ci-dessous une série d’articles sur le Groenland. Partez à la rencontre de la culture Inuit, des glaces, de la baie de Disko, de la faune et des somptueux paysages de la plus grande île du monde…


 

Le fjord de l’Empereur François Joseph

Me voici de retour après une belle saison en Arctique et je dois bien l’avouer, un dernier voyage vers la côte Est du Groenland qui reste mon plus grandiose effectué à ce jour ! Après un départ de Kulusuk, une visite de la communauté d’Ammassalik, nous sommes donc remontés vers le Nord, jusqu’au fond du fjord de l’Empereur François Joseph (voir sur une carte).

Démesuré, c’est le mot qui m’est venu à l’esprit alors que je parcourais ce fjord partiellement découvert et exploré par la seconde German North Polar Expedition (1879-1870) et nommé ainsi en hommage à l’Empereur François Joseph d’Autriche-Hongrie, qui s’est financièrement impliqué dans cette expédition.

Quelques caractéristiques de ce fjord : largeur de 5 kilomètres par endroit, profondeur de 600 à 1 000 mètres, bordé de montagnes élevées de 2 000 mètres d’altitude ! A cela rajoutez des icebergs gigantesques de plus de 20 mètres de hauteur, vous obtenez alors un paysage digne d’une autre planète…

Siorapaluk

A l’approche du Fjord Robertson à 77°N sur la côte ouest du Groenland, se dessinent peu à peu au loin sur la rive, une trentaine de bâtiments de couleurs vives. Il s’agit du petit village d’une cinquantaine d’âmes de Siorapaluk. Alors que nous ne sommes encore qu’à un bon kilomètre de distance, des enfants descendent déjà en courant vers la plage, suivis par quelques adultes, des aboiements de chien se font également entendre…
Ensuite ? Et bien c’est l’ambiance typique d’un petit village de chasseurs et pêcheurs inuits, des barques à moteur hissées sur la plage, des séchoirs hors de portée des chiens où sont étendues des poissons et morceaux de viande, des traineaux dans l’herbe sommeillant jusqu’au prochain hiver, non loin de chiens groenlandais attendant impatient leur quartier de viande… En haut du village, j’assiste à la découpe par deux chasseurs d’un morceau de baleine en petits bouts, dont une partie sera lancée aux chiens. Un peu plus loin, un autre chasseur nous propose moyennant quelques billets des griffes de phoques ou d’ours, tout en nous montrant fièrement une défense de narval qu’il a chassé. De retour sur la plage avant de repartir, les enfants s’amusent avec nous, jouent, grimpent sur nos épaules. Nous nous éloignons alors que d’innombrables mains tendues vers le ciel nous saluent, nous faisons de même, le fjord reprend peu à peu sa quiétude…

Red Head, Groenland

Malgré une consonance plutôt anglophone, Red Head se trouve bel et bien au Groenland (Ouest), au sud de la baie de Melville à 75°N. Le nom de cet endroit, fait sans doute référence à une des plus hautes îles de l’archipel recouverte d’oxyde de fer, lui donnant une coloration rougeâtre. Mais le point d’intérêt de cet endroit est dû à la calotte glaciaire qui se jette directement dans la mer non loin de là, vêlant ainsi un nombre incalculable d’icebergs de toute beauté.

Je n’ai pas souvenir d’avoir vu à ce jour, de si beaux icebergs que ceux-ci ; grottes, arches, crêtes de compression, falaises, bédières, cascades… Voici ci-dessous une petite sélection photographique à ce sujet.

Icebergs au Groenland
Iceberg au Groenland
Iceberg au Groenland

 

Baie de Disko, Ilulissat

Pardonnez mon silence de ces dernières semaines, mais mon accès à internet étant plus que limité, je n’ai pas pu vous faire partager mon voyage au Groenland… Celui-ci s’est donc achevé le 20 aout en Islande après 10 jours passés à sillonner la cote Ouest du Groenland. Visites de villages inuits, promenades à terre et en bateau ont rythmé ce voyage, mais je crois que je garderai surtout en mémoire cette arrivée spectaculaire dans la baie de Disko, passage obligé pour toutes personnes arrivant par la mer pour visiter la troisième plus grande ville du Groenland ; Ilulissat.

Arrivée mémorable donc, puisqu’à quelque kilomètres de la ville se trouve le plus grand exutoire d’icebergs de tout l’Arctique avec le Glacier d’Ilulissat. C’est une moraine sous-marine à 80 mètres de fond, qui bloque la plupart des gros icebergs vêlés par le glacier sur leur route vers le large. A 60 kilomètres du front de ce glacier et juste devant la ville s’observent donc de gigantesques icebergs échoués sur le fond de cette moraine.

Arriver par la mer sur la ville d’Ilulissat est un moment spectaculaire, surtout les soirs d’été lorsque la lumière rasante donne des teintes rosées à ces géants de glace…

Mouette de Sabine, histoire de sa découverte

La mouette de Sabine est l’une des espèces d’oiseaux se reproduisant en Arctique. Elle se reproduit au cours de l’été arctique en Aslaka, au Canada, au Svalbard, en Russie et au Groenland où cette espèces a été découverte en 1818.

Découverte au Groenland

En 1818, le britannique John Ross est chargée par l’Amirauté d’une nouvelle expédition à la recherche du passage du Nord-Ouest. Le 25 juillet, les deux navires Isabella et Alexander sont dans la baie de Melville au Groenland. L’astronome (mais aussi ornithologue) Edward Sabine, est envoyé avec d’autres membres (dont James Clark Ross) en reconnaissance de trois ilots situés à une trentaine de kilomètres de la côte. Les hommes découvrent de nombreux oiseaux qui y nichent, parmi lesquels des sternes et une sorte de mouette dont certains spécimens furent renvoyés en Angleterre par un navire de chasse à la baleine. En décembre de la même année c’est Joseph Sabine frère d’Edward, qui présente à la Linnean Society un spécimen de cette nouvelle mouette alors baptisée du nom de son découvreur: Larus sabini ou mouette de Sabine.

 

« Conformément à la coutume d’apposer le nom du découvreur à une nouvelle espèce, cet oiseau a été nommé Larus Sabini. »
Joseph Sabine, 15 décembre 1818

 

 

Un nom latin discuté

De nos jours, le nom scientifique de cet oiseau est Xema sabini. « Sabini » fait toujours référence à son découvreur, mais l’origine de « Xema » est encore discutée. Le mot pourrait venir du grec signifiant « mauvais temps, hiver ». Si certains biologistes classent la mouette de Sabine dans le genre Xema, d’autres pensent qu’il faudrait classer l’espèce dans le genre des laridés (Larus). Le débat reste donc ouvert…
Précisons que le livre référence Handbook of the birds of the world (volume 3), mentionne qu’il existe quatre sous-espèces :

Xema sabini sabini : de l’arctique canadien au Groenland
Xema sabini palaearctica : du Spitzberg à la péninsule de Taïmyr
Xema sabini tschuktschorum : en Tchoukotka
Xema sabini woznesenskii : du gold d’Anadyr à l’Alaska