Les îles subantarctiques

Découvrez ci-dessous une série d’articles sur les îles subantarctiques, situées au beau milieu de l’océan austral aux portes de l’Antarctique : Macquarie, Géorgie du Sud, Falkland, Campbell, Auckland, Heard et McDonald, Kerguelen…


 

L’albatros royal de l’île Campbell

Je dois bel et bien me rendre à l’évidence et avouer que ce que je viens de voir de mes propres yeux aujourd’hui est tout simplement à « classer » dans les des plus belles choses que j’ai pu observer dans ma vie de naturaliste. Certes il y a la rencontre en 2005 avec les manchots empereurs, ou encore celle avec l’ours polaire du grand Nord, mais je rajouterai dans mon « top 3 » (s’il devait y en avoir un), les scènes auxquelles j’ai pu assister aujourd’hui pendant cinq longues heures, mais il faut que je vous présente le contexte.

Depuis le niveau de la mer, un caillebotis zigzagant dans la végétation vous emmène jusqu’à un col situé à environ 200 mètres d’altitude. Là, vous vous arrêtez, sortez du chemin et vous asseyez dans de la végétation composée de coussin de mousses, de lichens et de tussoc. Vous êtes également entouré de superbes lys de Ross d’un jaune éclatant. De ce site, vous avez une vue à 180° avec en fond, le fjord d’où vous êtes parti et tout autour, les sommets culminants à quelques centaines de mètres de l’île Campbell. Vous avez prévu de restez de longues heures, puisque vous accompagnent, un bon piquenique, de l’eau et l’inévitable tablette de chocolat (bio bien sûr). Devant vous, se trouve à environ une dizaine de mètres, un bel oiseau tout de blanc et noir vêtu, qui avec ses 3,40 m d’envergure et un poids compris entre 6 et 12 kg, est l’un des oiseaux les plus grands au monde. Il s’agit de l’albatros royal du Sud. Ce grand voilier, passe 90% de sa vie à errer en vol au-dessus des océans de l’hémisphère Sud, ne revenant à terre que pour se reproduire environ une fois tous les deux ans.
C’est cet oiseau, ou plus justement un couple que j’ai eu là, juste devant moi et qui entamèrent cette fameuse danse des albatros composée de papouilles, claquements de bec, attentions en tout genre qui s’est au fil des années perfectionnée, peaufinée, parfaitement synchronisée, pour aboutir à une mise en couple à vie de deux adultes.

Se furent des scènes incroyables qui défilèrent devant mes yeux ! Je redescendis en fin d’après-midi de mon petit nuage, pardon du col et en rentrant je glissa à mon chef d’expédition, que je n’imaginais que quelque chose de ce genre puisse exister dans le règne animal et pourtant…
EXCELLENTE ANNEE 2012 à toutes et à tous !

Les îles Auckland

C’est à 50°S de latitude Sud et séparées par 450 km d’océan de la Nouvelle-Zélande et de plus de 2 000 km de l’Antarctique, que se trouvent les îles Auckland.
L’archipel des îles Auckland est le plus grand composant les îles subantarctiques de la Nouvelle-Zélande vestige de deux volcans érodés, a été découvert en aout 1806 par Abraham Bristow. L’histoire qui suivra sera semblable à celle de toutes les autres iles de ces latitudes ; la chasse aux phoques et otaries, puis aux baleines et enfin des tentatives d’installation humaine. A partir de 1838, différentes expéditions scientifiques posèrent le pied sur ces îles dont celles menées par le français Dumont d’Urville, ou encore celle du britannique James Clark Ross.

Les îles Auckland marquent la limite Sud de la forêt rata de Nouvelle-Zélande. Il s’agit d’une belle forêt composée essentiellement de Metrosideros umbellata et de Stilborcapa polaris (le choux de l’île Macquarie). Il n’y a pas que de la forêt mais également des tapis de fleurs splendides, tels le lys de Ross Bulbinella rossii et la gentiane des Auckland Gentianella cerina. Dans cet univers coloré particulièrement végétalisé, évolue une biodiversité incroyable avec notamment 4 espèces endémiques d’oiseaux dont la rare et aptère sarcelle brune, le cormoran des Auckland, et l’albatros de Gibson. D’autres espèces se font remarquer également comme l’albatros à cape blanche dont les Auckland sont le principal bastion puisque 70 000 à 80 000 couples y nichent. Citons encore le manchot antipode, dont la population mondiale serait seulement de 4 000 couples… Enfin les îles Auckland sont le lieu de vie de trois quarts de la population mondiale de Lion de mer de Nouvelle-Zélande et c’est sur ses plages que 95% des naissances ont lieu. En bref, un passage aux îles Auckland, marquera l’esprit que l’on soit attiré par la botanique, la faune sauvage, les paysages ou les trois…

Des manchots royaux primés

Les résultats du concours photos Emotion’Ailes organisé dans le cadre du Festival Nature Namur 2011 sont tombés ce weekend. Parmi 2299 images et 310 photographes participants, les manchots royaux de la colonie de Saint Andrews Bay en Géorgie du Sud, ont remporté le premier prix de la catégorie « graphisme ».
C’est donc tout naturellement que je dédie cette reconnaissance aux 400 000 manchots de cette belle et impressionnante colonie devant laquelle l’émotion me gagne chaque année lorsque je m’y rends.
Je profite également de cette nouvelle pour vous recommander vivement ce grand rendez-vous de la nature qui a lieu chaque année en Belgique. Je garde un souvenir ému et enchanté de mon passage à l’automne 2009 à Namur lors de la présentation de mon exposition photos. Alors à vos agendas !

L’albatros à sourcils noirs

Ce bel oiseau caractérisé par son sourcil noir, est à placer dans la classification animale, dans l’ordre des Procellariiformes et la famille des Diomedeidae comme d’ailleurs tous les albatros. C’est une espèce qui se rencontre dans tout l’océan austral de la Géorgie du Sud, à l’ile Macquarie en passant par Kerguelen, Crozet, Heard et McDonald, Campbell, Snares et Antipodes. Mais la plus grosse densité d’albatros à sourcils noirs, se trouve aux Malouines avec 80% de la population mondiale, qui a été estimée à 3 millions d’individus dans les années 1990.
Comme beaucoup d’oiseau, l’albatros à sourcils noirs se reproduit pendant l’été austral de septembre à avril. Début septembre les adultes reviennent sur la colonie pour s’accoupler et restaurer le nid. Utilisant leur bec comme une truelle, ils le renforcent avec de la terre, du guano, des racines et de l’herbe. Le nid a une forme de colonne avec en son sommet une petite dépression où sera pondu un unique œuf blanc au début du mois d’octobre. L’incubation, assurée par les deux adultes, dure une soixantaine de jours et l’élevage du poussin environ trois mois et demi. Lorsque le poussin aura perdu son duvet gris courant avril, il sera alors abandonné par ses parents et perdra du poids pendant quelques jours avant de s’envoler. Le poussin ne reviendra pas sur son lieu de naissance avant au moins sept ans.
L’albatros à sourcil noir se nourrit principalement de poisson, de krill et de méduse. A noter enfin que la longévité de cette espèce peut être d’une cinquantaine d’année.

 

Prion Island

C’est au nord-ouest de la Géorgie du Sud, dans la Baie des Iles que se situe Prion Island (l’île aux prions en français). Cette petite île d’1 km de long pour 500 m de large et couverte de tussoc et bordée presque exclusivement de falaises. Mais la richesse de cette île provient du fait qu’elle fait partie des rares zones de la Géorgie du Sud, où les rats ne sont pas présents. C’est donc un paradis pour les amoureux de la nature puisqu’y nichent le pétrel à menton blanc, le pétrel plongeur, le pétrel géant sub-antarctique, le prion antarctique, le canard de Géorgie du sud, le manchot papou et l’albatros fuligineux à dos clair. Deux espèces emblématiques sont également nicheuses ici ; le pipit de Géorgie du Sud et l’albatros hurleur. Soixante couples de ce géant des mers, étroitement surveillés et étudiés par les britanniques, nichent sur Prion Island. Un permis est d’ailleurs nécessaire pour accéder à cette île et une fois à terre, il faut emprunter le sentier balisé et n’en sortir en aucun cas afin d’éviter les dommages sur la flore et par conséquent sur les sites de reproduction potentiels des oiseaux. Du point culminant de l’île à 50 m d’altitude, la vue est imprenable sur les montagnes de la Géorgie du Sud, rendant ce petit bijou faunistique tout simplement magique !

Port Stanley, Malouines

La petite ville de Port Stanley, est avec ses 2 115 habitants, la « capitale » des Iles Malouines (ou Falkland en anglais). Elle se situe à l’extrême Est de l’archipel qui compte pas moins de 700 îles et îlots (voir sur un plan).
Le début la colonisation anglaise des Malouines commença en 1843 (après celle des français et des espagnols) et Stanley devint la capitale en juillet 1845. Elle fut nommée en l’honneur de Lord Stanley, Secrétaire d’État à la Guerre et aux Colonies britannique de l’époque. Par la suite, Port Stanley devint une importante plaque tournante pour les navires de chasse aux baleines et phoques dans l’Atlantique Sud et l’océan austral. Le port fût également stratégique lors de la bataille des Falkland et celle de Rio de la Plata, mais c’est en 1982 lors de la guerre des Malouines que Port Stanley fut surtout au centre de l’actualité. La ville fût rebaptisée Puerto Argentino d’avril à juin puisque occupée par les argentins. Mais rapidement les anglais reprirent le contrôle des hauteurs de la ville et les soldats argentins durent se rendre.
De nos jours certaines zones autour de Port Stanley sont toujours minées, même si un programme de nettoyage est en cours. La ville possède une piscine, un hôpital, une bibliothèque, des hôtels et un aéroport. Ce dernier permet d’établir un pont aérien important entre les bases scientifiques britanniques en Antarctique et les Malouines.
Flaner dans Port Stanley reste toujours un moment agréable, il y règne un mélange de climat sub-polaire et tropicale, dans une ambiance calme avec une belle lumière et des habitants toujours aussi sympathiques.