Les îles subantarctiques

Découvrez ci-dessous une série d’articles sur les îles subantarctiques, situées au beau milieu de l’océan austral aux portes de l’Antarctique : Macquarie, Géorgie du Sud, Falkland, Campbell, Auckland, Heard et McDonald, Kerguelen…


 

Saint Andrews Bay, lieu de pèlerinage

Depuis un an presque jour pour jour, j’attendais ce moment… Depuis un an, je me disais qu’il fallait que je retourne juste pour les yeux, juste pour prendre une claque dans la figure à Saint-Andrews Bay.
Ce jour est arrivé le 26 décembre 2008, le lendemain de Noël. En haut de la petite colline qui se trouve au pied du Glacier Cook, ils étaient toujours là, les 400 000 manchots royaux, fidèles à leur site de reproduction. Selon les personnalités, les rêves dans la vie sont différents. Certains veulent faire un 6 000 m, d’autres aller voir la Tour Eiffel, moi il me fallait cet endroit magique de Géorgie du Sud…


Stromness

Le 20 mai 1916, l’explorateur Ernest Shackleton arrive à pied dans la baie de Fortuna, après avoir traversé sans carte, les montagnes de la Géorgie du Sud. Il pense avoir enfin atteint les secours qui lui permettraient d’aller aider le reste de ses membres d’équipage, restés sur l’île Eléphant non loin de la péninsule Antarctique. Mais il n’en n’est rien, il doit encore franchir un col pour enfin arriver à la station baleinière de Stromness, d’où il partira après plusieurs tentatives, récupérer ses camarades. Quel intense moment lorsque le 25 décembre 2008, nous faisions cette marche sur les traces de ces héros du passé ! Et le jour de Noël en plus…

La station baleinière de Stromness, fut en fonctionnement de 1913 à 1931. Après 1931, elle servit de site de réparation et d’entretien des navires pour la compagnie Christian Salvesen & CO.


Albatros fuligineux

S’il y a bien un oiseau que je ne pensais pas voir d’aussi près, c’est bien l’Albatros fuligineux à dos clair. Alors que j’étais à la passerelle du navire depuis au moins une heure sans l’ombre de la moindre trace de vie, voilà qu’ont surgi venant de l’immensité de l’Océan austral, deux individus. Comme tout ornithologue qui se respecte, j’avais connaissance de la présence de cette espèce dans la zone où nous naviguons, mais quelle ne fut pas ma surprise de les voir presque se poser sur le navire. Ce superbe oiseau de 2 mètres d’envergure se reproduit sur des îles subantarctiques comme la Géorgie du Sud, les îles Kerguelen, Crozet, Macquarie, Campbell et bien d’autres. Comme la plupart des autres espèces d’albatros, il se nourrit en surface, capturant des céphalopodes, des crustacés ou encore des poissons. La population mondiale est estimée à environ 25 000 couples.
Avant que j’oublie : BONNE ANNÉE à toutes et à tous !

Gold Harbour

Imaginez un amphithéâtre ceinturé de falaises elles mêmes coiffées de glaciers. Imaginez au pied de ces dernières une zone de tussock parcourue par de nombreux petits ruisseaux. Prenez un peu de recul et vous êtes sur la plage où se prélassent éléphants de mer et otaries à fourrure. Enfin, comme si cela ne suffisait pas, rajoutez 300 couples de manchots papou et 25 000 couples de manchots royaux. Vous obtenez alors le plus beau site de Géorgie du Sud : Gold Harbour. Malgré cela, le terme gold (traduisez or), ne fait référence qu’à des filons de pyrites trouvés en 1911 par une expédition allemande, qui pensait alors être tombée sur de l’or…
Alors que la plupart des passagers étaient rentrés à bord, je me suis assis sur la plage pendant une bonne heure et je suis resté là à contempler les Sternes antarctiques ou les jeunes otaries jouant dans l’eau.
J’étais si bien, que je ne faisais même plus attention à ce qui se disait dans ma radio VHF. J’oubliais, mais juste avant de retourner sur le navire, un bébé éléphant de mer de l’année est venu jusque sur mes bottes, comme pour dire « dit tu ne veux pas rester encore un peu ? »

L’odyssée de l’Endurance

Après en avoir parlé à plusieurs personnes lors de mon vernissage, voici le premier livre que j’ai lu concernant la littérature polaire : l’Odyssée de l’Endurance, d’Ernest Shackleton. Pour tout dire, je l’ai dévoré en deux jours (et une nuit). Cet ouvrage reste à ce jour le plus beau et passionnant récit d’aventure que j’ai pu lire.

En voici donc un résumé :
Août 1914, la Grande Guerre éclate. Mais Sir Ernest Shackleton s’est lancé dans une toute autre bataille : la traversée du continent Antarctique de bout en bout. Et de l’échec total de cette tentative, il va faire une victoire : la plus stupéfiante épopée de toute l’histoire de l’exploration polaire. Leur navire, l’Endurance, bientôt broyé par les glaces, Shackleton et son équipage passent plus d’un an bloqués sur un pack à la dérive, balayé par le blizzard. Lorsque enfin ils libèrent leurs chaloupes, c’est pour affronter quinze jours d’une mer déchaînée, brûlés par la soif et les embruns glacés. Leur terre promise, la Géorgie du Sud, ils devront en escalader les glaciers, dévalant champs de neige et précipices avant de parvenir à bon port. Modeste dans sa grandeur, avec un réalisme et une ténacité typiquement britanniques, dans ces paysages et ce climat d’apocalypse, il fait souffler un vent chaleureux d’humanité.

Je ne vous en dis pas plus quand à la suite de cette histoire…

Titre : L’Odyssée de l’Endurance
Auteur : Sir Ernest Shackleton
Editeur : Phébus libretto / ISBN : 978-2-85-940650-9

Livre L’Odyssée de L’Endurance d’Ernest Shackleton

Livre L'Odyssée de L'Endurance d'Ernest Shackleton