Articles

20 millions d’oiseaux aux îles Yamskie

Au nord-est de la mer d’Okhotsk, se trouve un paradis de nature, haut en couleurs et abondamment peuplé. Il s’agit de l’archipel des iles Yamskie.
Imaginez de hautes falaises basaltiques, dont chaque vire est occupée par des milliers d’oiseaux (mouettes tridactyles, guillemots de Troïl, cormorans pélagiques…), chaque éboulis est l’habitat des macareux et des stariques, chaque piton rocheux est un poste potentiel de guet pour le pygargue de Steller

Les estimations parlent de 8 millions de stariques minuscules, et autant de stariques cristatelles, sans parler des stariques perroquets, guillemots à cou blanc… N’oublions pas non plus la plus grande colonie de lion de mer de Steller de la mer d’Okhotsk !! Ajoutez à cela la lumière du soleil couchant colorant les roches de teintes ocres et ces oiseaux qui évoluent à toutes les altitudes tels de véritables essaims ! Tous les ingrédients sont réunis pour de belles émotions. Les mots semblent bien dérisoires à décrire un tel instant…

Les milliers d’oiseaux de l’île Talan

Talan se trouve au nord de la mer d’Okhotsk, à 100 kilomètres à l’ouest de la ville de Magadan. Cette île de 2 kilomètres de long, cernée de falaises, est un endroit fantastique ! Selon les estimations, il y aurait plus d’1 million d’oiseaux s’y reproduisant dont le pygargue de Steller, la mouette tridactyle, le guillemot de Troïl et la locustelle de Middendorff. Mais les plus importants effectifs concernent la famille des alcidés, représentée ici par les stariques perroquets et cristatelles, ainsi que les macareux cornus et huppés. Ce matin, c’est au lever du soleil à 4h45, que nous sommes partis effectuer le tour de l’île. Dans nos embarcations, nous étions entourés de nuées d’oiseaux, ne sachant plus où regarder ! Les stariques quittent leur nid à l’aube et n’y reviennent que tard le soir, à la tombée de la nuit. Ces allers/retours entre leur nid et leur site d’alimentation en mer, sont des moments forts pour leur observation, car de véritables essaims d’oiseaux évoluent dans le ciel, en formation. Un spectacle de la nature à ne rater sous aucun prétexte !

Dans la caldeira de Yankicha

Hier soir j’ai vécu un de mes plus grands moments de mon expérience de naturaliste ! En début de soirée, nous sommes entrée dans la caldeira de l’île Yankicha qui se situe quasiment au centre de l’archipel des Kouriles. Les pentes intérieures de cette caldeira sont occupées par plus de 2 millions d’oiseaux dont les stariques cristatelles Aethia cristatella et les stariques pygmées Aethia pygmaea. C’est sous un beau ciel bleu et une lumière du soir rasante, que nous avons assisté au spectacle de l’entrée dans la caldeira de vols de milliers d’oiseaux venant de haute mer. Un spectacle féérique, ponctué de temps à autre par les appels de deux renards arctiques qui se répondaient d’un bout à l’autre de l’île. Deux heures plus tard, alors que des oiseaux regagnaient encore la caldeira, nous sortîmes, et là sur l’eau nous attendaient des dizaines de milliers de stariques pygmées posées ! La surface de la mer était tout simplement couverte d’oiseaux, décollant peu à peu à notre approche…

De retour à bord du navire, sous un beau coucher de soleil, un ornithologue et photographe sud-africain me confiait avoir pris 4 000 photos en deux heures ! Chris le guide ornithologue anglais avec qui je travaille, me lança « je te l’avais dit, c’est le plus beau coin sur terre, jamais un endroit tel que Yankicha ne m’a autant coupé le souffle », lui qui a vu tant d’oiseaux et d’endroits dans le monde avec ses 30 années d’expérience… Merci Dame Nature pour ce spectacle fantastique !

Alkefjellet et ses milliers de guillemots

Située sur la rive sud du détroit Hinlopen qui sépare l’ile du Spitsberg et celle de Nordaustlandet, se trouve la gigantesque falaise de Alkefjellet qui signifie en norvégien « falaise à oiseaux ». Cet endroit porte bien son nom puisque là environ 100 000 guillemots de Brünnich. Cet oiseau appartenant à la famille des alcidés, mesure une quarantaine de centimètres de long pour un poids compris entre 700 et 1200 g. Il est observable entre 46° et 82° nord, et nicheur au Groenland, en Islande, dans l’archipel François Joseph, en Nouvelle-Zemble, à Jan Mayen et bien évidemment au Svalbard. 142 colonies représentant pas moins de 850 000 couples, ont été recensées à ce jour dans l’archipel, elles sont généralement localisées dans de hautes falaises avec de nombreuses corniches de seulement quelques centimètres de large. C’est sur cette corniche que la femelle pond son unique œuf en forme de poire, cette forme évite ainsi à l’œuf de rouler et de tomber de la falaise. La ponte intervient fin mai début juin, et l’éclosion a d’une manière générale lieu 30 jours plus tard. A l’âge de 20 jours, le poussin qui ne sait pas encore voler, se jette de son nid pour atterrir dans l’eau, et entamer ainsi à la nage accompagné par son père, une migration vers les quartiers d’hiver (Groenland et Islande). Les scientifiques supposent que le poussin devient indépendant 6 à 8 semaines après avoir quitté le nid.

Grimsey et ses macareux moines

Grimsey est une petite île d’une surface de 5,3 km² située à 40 km au nord de la côte de l’Islande, juste sur le cercle polaire arctique. L’île est habitée par une centaine d’habitants qui travaillent principalement dans le secteur de la pêche et de la transformation du poisson, l’agriculture et dans une moindre mesure, la collecte des oeufs d’oiseaux de mer. Grimsey est reliée à l’Islande trois fois par semaine par un ferry, mais également par quelques vols réguliers sur Akureyri grâce à un petit aérodrome. Les côtes de cette île du bout du monde, sont surtout bordées de falaises abruptes, refuge idéal de milliers d’oiseaux. On peut ainsi y observer la mouette tridactyle, le pingouin torda, le goéland bourgmestre et le fulmar boréal. Mais le résident principal de l’île, qui est également l’emblème de l’Islande, reste le clown de mer, mieux connu sous le nom de macareux moine.

Je garderai un souvenir ému et enchanté de mon passage à Grimsey et notamment ces nombreuses heures passées allongé dans les pissenlits au bord des falaise à observer ce superbe oiseau du nord aux attitudes et couleurs toutes plus extraordinaires les unes que les autres. Et quand un pluvier doré ou un phalarope à bec étroit vient en plus à quelques mètres de vous, sous un soleil de plomb, l’émerveillement est alors à son paroxysme.

Différences entre un manchot et un pingouin

L’article ci-dessous qui aborde les différences entre un manchot et un pingouin, a été réalisé par les élèves de la classe de CP/CE1 de l’école du Cheylas.

En anglais, on appelle « penguin » les manchots alors quand on traduit les livres en français, comme le mot « penguin » ressemble beaucoup au mot pingouin, il y a beaucoup d’erreurs.
En fait, ces deux oiseaux ne sont même pas de la même famille. Ce sont tous les deux des oiseaux marins et leurs plumages sont principalement en noir et blanc mais ils ne vivent pas du tout au même endroit ! Les pingouins vivent dans l’hémisphère nord et les manchots dans l’hémisphère sud. Ils ne se rencontrent jamais et il n’y a pas d’ours polaire du côté des manchots ! Le manchot qui vit le plus haut, le plus près de l’Equateur, c’est le manchot des Galápagos.
Les manchots ne volent pas alors que les pingouins volent. En fait, l’ancêtre des manchots volait. En plus, c’était le même ancêtre que l’ancêtre de l’albatros et du pétrel qui sont des champions du vol ! Le manchot empereur mesure 1m20 et son plus grand ancêtre mesurait 1m80. Mais le manchot n’avait pas de prédateurs quand il était sur la terre ou sur la glace alors ses ailes ne lui servaient à rien pour voler. Donc elles se sont transformées petit à petit en ailerons. Et c’est très bien car le manchot a besoin de bien nager pour attraper ses proies et pour échapper à ses prédateurs ! Donc, les manchots sont de très bons nageurs, ils savent même marsouiner ! En fait on dirait même qu’ils volent sous l’eau ! Ils peuvent plonger plus profondément et plus longtemps que les pingouins, ils nagent aussi plus vite qu’eux. Le record de plongeon du manchot empereur est de 400 m pour une durée de 18 minutes.
Ce qui est compliqué, c’est qu’il y a un autre oiseau qui a disparu, qui s’appelait le grand pingouin. Il vivait en Arctique et lui aussi était incapable de voler ! Mais c’était un oiseau de la famille des pingouins.

Les manchots et les pingouins se regroupent en colonies pour s’accoupler et nicher. Les pingouins choisissent souvent des falaises parce que comme ça, ils se mettent à l’abri des prédateurs. Comme ils peuvent s’envoler, c’est facile pour eux ! Les manchots, eux, peuvent nicher sur la glace, sur les rochers ou les plages… Il y a même des manchots qui peuvent sauter pour grimper, ce sont les gorfous sauteurs.