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Le volcan Klyuchevskoy

Le volcan Klyuchevskoy, situé en péninsule du Kamtchatka à 370 km au nord de la ville de Petropavlovsk-Kamtchatski (carte), est le plus grand volcan actif d’Eurasie. Si son altitude diffère selon les sources, les ouvrages et volcanologues russes semblent s’accorder sur 4750 m. Ce volcan qui est également le plus haut du Kamtchatka, est un stratovolcan caractérisé par une forme conique typique, surmonté d’un cratère de 700 m de diamètre. Environ 80 évents latéraux explosifs et des cônes de scories sont situés sur les flancs de ce volcan âgé de 7 000 ans.
Les volcanologues russes considèrent le Klyuchevskoy comme le volcan le plus « productif » du Kamtchatka, éruptant en moyenne 60 millions de tonnes de matière par an ! Lors de ses précédentes éruptions (au moins une majeure par an depuis dix ans), le volcan a projeté des nuages de gaz et de cendres à 10-15 km de hauteur. Ces éruptions sont bien souvent accompagnées par une fonte rapide de la glace se trouvant sur ses flancs particulièrement raids, créant ainsi des coulées de boue (appelée lahars) qui peuvent s’étendre jusqu’à 30 km du volcan.

Pour certains peuples indigènes du Kamtchatka comme les Itelmens, cette montagne était sacrée, puisqu’étant l’endroit où le monde a été créé. Ils tentaient ainsi de dissuader toute personne souhaitant en faire l’ascension. La première fut tout de même réalisée en 1788, par trois membres de l’expédition russe dirigée par Joseph Billings. Les accidents furent nombreux au cours de l’histoire, car ce volcan est non seulement dangereux en raison de ses éruptions, mais également en raison de ses pentes gelées parsemées de nombreuses fissures et crevasses. La seconde femme (Alevtina Bylinkina) a atteindre le sommet en 1951, perdit la vie en raison de chute de pierres. En 1978, le glaciologue russe Andrey Inanov décéda également après avoir été percuté par une bombe volcanique. En 1983, un autre scientifique perdit également la vie sur les pentes du volcan. Les coulées de boue, les chutes de pierres et de glace, les roches brulantes ainsi que le manque d’oxygène, sont aussi des éléments à prendre en compte lors de toute tentative d’évolution sur le Klyuchevskoy.

Notre approche en hélicoptère de ce volcan majestueux et de son proche voisin le Kamen (4575 m), restera l’un de nos plus beaux souvenirs de voyage !

 

Le volcan Avachinsky au Kamtchatka

A 30 km au nord de la ville de Petropavlovsk-Kamchatsky en péninsule du Kamtchatka, se trouve le volcan Avachinsky culminant à 2741 m d’altitude. La formation de ce volcan de type vésuvien a eu lieu en deux phases. Un premier cratère s’est constitué il y a 30 000 à 40 000 ans, à la suite d’une gigantesque éruption dont les débris ont couvert une superficie estimée entre 15 et 20 km² et formés une couche atteignant jusqu’à 170 m d’épaisseur ! Le cône actuel lui, a commencé à se former il y a environ 4000 ans à la suite d’éruptions successives. Sur les 250 dernières années, une vingtaine d’éruptions ont été enregistrées, la dernière datant du 5 octobre 2001. Ce volcan ainsi que son voisin le Koryaksky, sont étroitement surveillés par les volcanologues car ils représentent une menace sérieuse pour les 190 000 habitants de Petropavlovsk-Kamchatsky et des villages alentours.
En saison d’été, il est possible d’effectuer l’ascension de ce volcan jusqu’à son cratère. La montée vous prendra entre 4 à 5 heures depuis le camp de base… En septembre dernier, les premières neiges ont saupoudré l’Avachinsky, un régal pour les yeux !

Moments magiques à Atlas Cove sur l’île Heard

Nous avions prévu de passer 4 jours à l’île Heard, maximisant ainsi les chances de beau temps afin de pouvoir y débarquer. Le choix fut judicieux, car deux jours furent mauvais au niveau de la météo et deux autres superbes. C’est donc dans la baie Atlas (Atlas Cove), au nord-ouest de l’île que nous avons pu poser le pied à terre, sous une lumière radieuse ! La diversité animale sur le pourtour de cette île nous a surpris : éléphants de mer, albatros, gorfous sauteurs et macaronis, petits chionis, skuas, pétrels géants et manchots royaux, furent ainsi nos compagnons, au cours des quelques heures que nous avons passé à terre. Mais le clou du spectacle, fut ce 21 novembre 2012, lorsque vers 21h le dôme glaciaire et volcanique baptisé Big Ben, s’est entièrement découvert de sa chape de nuages. La magie a alors opéré, nous offrant des tons de couleur allant du rose au blanc et du noir au vert. Il y avait en guise de fond sonore, le bruit du ressac et en guise de guides, ces manchots royaux errants sur la plage…

Le 23, lorsque nous avons laissé derrière nous cette île au milieu de nulle part, j’ai pour la fois ressenti l’étrange impression que je n’y reviendrai jamais. Sans doute est-ce du au fait que ce voyage fut long, lointain et difficile à organiser. Mais les images sont là et que dire des souvenirs…

Les îles Heard et McDonald

Se rendre à l’île Heard, c’est ressentir comme une ambiance de bout du monde, la sensation qu’il n’est guère possible d’aller plus loin dans l’immensité de l’océan… C’est à environ 4000 km au sud-ouest de l’Australie et à plus de 1650 km au nord de l’Antarctique que se trouve l’archipel australien des îles Heard et McDonald. La région de Heard, d’origine volcanique, se compose de plusieurs îlots et de deux îles principales: l’île McDonald (2,45 km²) et l’île Heard (368 km²). Cette dernière est caractérisée par un dôme volcanique actif appelé Big Ben, entièrement recouvert par des glaciers et au centre duquel se trouve le plus haut sommet de tout le territoire australien, le Pic Mawson, culminant à 2745 m d’altitude et baptisé en l’honneur de l’explorateur australien Douglas Mawson.

Si l’histoire de la découverte de l’archipel des Kerguelen (terre la plus proche, à 465 km au nord-ouest) commence dans les années 1770, l’existence des îles Heard et McDonald reste inconnue jusqu’au milieu des années 1800. Le capitaine Peter Kemp à bord du navire de chasse aux phoques Magnet a peut-être vu une terre dans cette région en 1833, ainsi que le commandant du Charles Carrol, qui signala une terre au sud des Kerguelen en 1849. La découverte de l’île Heard est cependant attribuée à John Heard, commandant du navire marchand Oriental, à qui il avait été demandé de naviguer plus au Sud lors de son voyage entre Boston et Melbourne. L’île Heard est repérée le 25 novembre 1853. Les îles McDonald le seront 2 mois plus tard par le commandant William McDonald à bord du Samarang.

Le 15 février 1855, les premiers chasseurs de phoques débarquent à Heard. Au cours des trois décennies qui suivent la découverte de l’île, pas moins de quarante navires différents effectueront plus de cent voyages vers cette île afin de chasser les éléphants de mer pour leur graisse, qui sera ensuite transformée en huile (plus de 100 000 barils d’huile seront produits…). C’est au cours de la saison 1857-1858, que le pic de la chasse fut atteint avec vingt-quatre navires fréquentant la zone.
C’est ensuite la science qui prendra la relève de la chasse aux phoques. Au cours des 19ème et 20ème siècles, cinq expéditions scientifiques (dont une dirigée par Douglas Mawson) se rendront à l’île Heard, avant l’installation en 1947 d’une station de recherche australienne permanente, qui sera occupée jusqu’en mars 1955.

Le dôme glaciaire Big Ben est le point de départ de nombreux glaciers, dont le plus grand, le glacier Gotley, avec ses 13 km de long et une épaisseur moyenne de 60 m. La glace couvre l’île Heard à 70%, mais des chiffres datant des années 1950, indiquent une couverture de l’ordre de 80%. Cette réduction de la calotte glacière a également été constatée pour le glacier Cook sur l’île Grande, dans l’archipel des Kerguelen.
A 44 km à l’ouest de l’île Heard, l’île McDonald et ses îlots adjacents ne cessent de changer de taille et de forme, en raison de l’activité volcanique. Les rares navires s’aventurant dans la zone ne s’approchent d’ailleurs jamais de ces îles, les fonds marins changeant sans cesse de topographie.

Kamtchatka terre de volcans

La péninsule du Kamtchatka en Extrême-Orient russe, se situe sur la ceinture de feu du Pacifique, arc volcanique entourant l’océan du même nom. Cela explique le nombre important de volcans dans cette région.
Celle-ci est caractérisée par deux chaînes de montagnes. Celle de l’ouest appelée Sredinny Range, s’étend sur plus de 900 km. Cette dernière compte 120 volcans dont 2 seulement sont actifs. Il s’agit du Ichinsky (3 621 m) et du Khangar (2 000 m).
La chaîne de montagnes de l’est est plus jeune. S’étendant sur 850 km, elle compte plus d’une centaine de volcans, dont près d’une trentaine sont actifs et 6 particulièrement. C’est le cas du Klyuchevskoy, plus haut volcan d’Eurasie culminant à 4 750 m d’altitude.

Autour de la baie Avacha où se trouve la ville principale du Kamtchatka, Petropavlovsk-Kamchatsky, il est possible d’observer 5 volcans donc le Koriaksky (3 456 m), l’Avachinsky (2 751 m) et le Viliuchinsky (2 173 m).

Selon l’institut de volcanologie de Petropavlovsk, il y a 270 volcans au total au Kamtchatka dont 29 actifs ! Parmi ces derniers, la moitié ont eu leur plus récentes éruptions au cours des 20 dernières années…

Lors de notre dernier voyage, nous avons pu approcher par les airs et par voie terrestre ces géants, dont certains laissant s’échapper des fumerolles. Etrange moment que de voir les déserts de cendres, ou de déambuler sur les anciennes coulées de lave des volcans Gorely et Mutnovsky…

Dans la caldeira de Yankicha

Hier soir j’ai vécu un de mes plus grands moments de mon expérience de naturaliste ! En début de soirée, nous sommes entrée dans la caldeira de l’île Yankicha qui se situe quasiment au centre de l’archipel des Kouriles. Les pentes intérieures de cette caldeira sont occupées par plus de 2 millions d’oiseaux dont les stariques cristatelles Aethia cristatella et les stariques pygmées Aethia pygmaea. C’est sous un beau ciel bleu et une lumière du soir rasante, que nous avons assisté au spectacle de l’entrée dans la caldeira de vols de milliers d’oiseaux venant de haute mer. Un spectacle féérique, ponctué de temps à autre par les appels de deux renards arctiques qui se répondaient d’un bout à l’autre de l’île. Deux heures plus tard, alors que des oiseaux regagnaient encore la caldeira, nous sortîmes, et là sur l’eau nous attendaient des dizaines de milliers de stariques pygmées posées ! La surface de la mer était tout simplement couverte d’oiseaux, décollant peu à peu à notre approche…

De retour à bord du navire, sous un beau coucher de soleil, un ornithologue et photographe sud-africain me confiait avoir pris 4 000 photos en deux heures ! Chris le guide ornithologue anglais avec qui je travaille, me lança « je te l’avais dit, c’est le plus beau coin sur terre, jamais un endroit tel que Yankicha ne m’a autant coupé le souffle », lui qui a vu tant d’oiseaux et d’endroits dans le monde avec ses 30 années d’expérience… Merci Dame Nature pour ce spectacle fantastique !